Le tour de Camargue 2017

Par Ndaref Fameux

Le cyclisme est-il sexiste? A priori non, mais dans les faits il l’est. A l’heure où le Tour de France féminin, officiellement baptisé Route de France Féminine, est plus que sérieusement mis en difficulté, le Tour de Camargue, événement d’ampleur internationale proposé par Arles Gravel, porte de son côté une violente attaque à la parité. Sur un total de 24 participants, 13 étaient des femmes! Au-delà du comptage, en ce 11 juin, jour d’élection législative ayant également vu une remarquable percée de l’élément féminin dans l’hémicycle, telle proportion permet de mieux évaluer le potentiel de séduction unilatérale qu’exerce le bicycle sur le genre humain. Elle convainc également de l’irrésistible attirance qui émane de la Camargue.

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La Camargue attire, c’est indéniable. Mais la Camargue fait chèrement payer la découverte de ses joyaux. Passons sur le cas des passagers de voitures venues de l’Europe entière qui, dans leur confort aseptisé, nous ont doublés au cours des sections bitumées que nous avons empruntées. Eux ne risquaient rien d’autre qu’un coup de froid subi en abandonnant leur habitacle climatisé, évacué après 20 minutes de recherche active de place de parking aux Saintes Maries de la Mer. Sur le terrain, au contact, à même le sol, la Camargue est diablement plus hardcore. La chaleur tout d’abord. On avait eu chaud en 2016, mais 2017 confirme bien l’augmentation implacable des températures. 33° annoncés, 33° endurés et sans doute 33° largement dépassés. L’épiderme écarlate de la plupart des participants attestait à l’arrivée de l’implacable morsure de ce soleil jamais voilé au cours de la journée. Mieux vaut rouler sans s’arrêter dans ce cas, le déplacement procurant de l’air quand le pied à terre appelle l’attaque infernale de multiples insectes tous désireux, c’est troublant, de vous pomper le sang. Oui, la Camargue est belle. Mais dure.

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Voilà le compte-rendu héroïque d’une sortie tout chemin de 110 km réalisée à travers la Camargue authentique. Le genre de périple qu’on raconte à ses amis d’un air blasé, genre c’était difficile mais je l’ai fait. On connaît le coup, hein. La vérité est autrement plus festive. Au-delà de ces quelques désagréments, volontairement recherchés qui plus est, ce périple de près de 6 heures de pédale était fascinant. On a eu chaud, soif et mal aux fesses, mais c’était beau, varié et drôle. On a bien déploré une chute, quelques égarements et une crevaison, mais certains se sont baignés aux fameuses Saintes Maries de la Mer, le Saint Tropez du delta, d’autres ont découvert le traditionnel gâteau de Camargue, pudding bourratif à base de riz sud asiatique, d’autres ont bu des bières fraiches au seul restaurant de Villeneuve, d’ailleurs le seul restaurant des kilomètres à la ronde, établissement dont je remercie encore l’amicale personne qui a intégralement empli mon sac d’eau vide vide vide. On a roulé sur du sable mou, du verre poli, des cailloux bombés, près de la mer sans vague, de l’étang du Vaccarès tranquille, du Rhône fatigué, en bordure du phare de la Gachole cerné de visiteurs, de rizières en eau, de champs de blé murissants, de taureaux apathiques , de flamants roses et gris, et des arènes d’Arles, capitale de la Camargue. 110 km de variétés enchaînées, entre rusticité et pièges à touristes. De toute manière, ici, on nage toujours entre ces deux courants, à l’image du Rhône se divisant pour mieux cerner ce territoire saumâtre.

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A l’arrivée, on était cramés et on avait l’air beaucoup moins fiers qu’au départ, mais on a repris des forces autour d’un buffet local et transfrontalier, à base de préparations d’ici et d’ailleurs, et de pas mal de bières. Les filles, là encore, ont fait montre de leur force et de leur combativité.

 

Bonus : Retrouvez ICI l’article et la vidéo de Patrick Van Den Bossche sur Bike-Café

2 réflexions sur “Le tour de Camargue 2017

  1. Excellents moments passés ensemble sur le vélo sur ce parcours rendu exigeant par la chaleur … Bravo à Arles Gravel qui sait organiser de tels événements.

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  2. Ils nous ont bien fait transpirer ces diables de Gravelistes ! Mais la ballade camargaise était très belle: malgré la chaleur , il faut savoir parfois prendre le taureau par les cornes pour apprécier ce splendide panorama
    Merci à tous pour votre bonne humeur
    Nadine et François
    En lien un rapide survol de cette escapade
    http://open.relive.cc/wf/click?upn=flHSUXb3xyYxeVtIyAnfN16EyPgn9FivLRONL6FDLP8X8E-2BLTZwkTOzYMpm2x7a93tnuIF42BjA6TgkwpcxamA-3D-3D_-2Fr3-2BHOj8PGfRzNzjp-2FbXOrWULiH2LvBG9w3Es2LyOQF6Tp4cZ9tBvvbB0-2B3EGt5LlZGMsVlVwYNOrci8hb8zixK1wQ5TqXI8NFkO8nbdShqGxCPQ3niPa7LkxpGE2w38c6vcFh1dlN0it7qCMWJmovK02xqiJsD9xFF9M1cQ8IzhpfoVqh5s32GwpccHStprdiAwuqf9w8gpDIZSBawSYA-3D-3D

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