le tour de l’Étang de Berre

Il ne nous a pas menti. L’organisateur de la sortie, Kéké de Sausset, l’avait affirmé en préambule du départ: on mettra les pieds dans l’eau. Et il ne nous a pas menti, le sacré Kéké de Sausset. On a roulé dans l’étang de Berre. Au bord certes. Mais on s’est bel et bien mouillé les pieds.

Pédaler dans l’eau en novembre, même dans l’eau sudiste de l’étang de Berre, ça fiche un coup de froid, faut bien avouer. Ça fiche un coup d’autant plus froid que, le mistral s’étant renforcé au fur et à mesure de la journée, certain se les sont copieusement gelés par la suite. D’un autre côté, le trempage suivi du glaçage était le doux prix à payer pour un tour franchement mémorable. Difficile de trouver autant de variété paysagère en quelques 90 km de ce gravel de Berre. La zone étant aussi industrialisée que protégée, on ne s’étonne guère de passer des collines boisées aux parcs commerciaux, des rivages sablonneux aux pistes de l’aéroport de Marignane, des forêts humides aux usines pétrochimiques. Le tour de l’étang de Berre, c’est un contre-la-montre à travers le temps, temps s’étirant depuis les roches abritant encore des œufs de dinosaures jusqu’aux héritages hasardeux des 30 glorieuses. Le tour de l’étang de Berre, c’est une échappée belle entre les jointures de l’espace, les chemins non carrossables s’enchaînant souvent sans transition aux routes nationales. Le tour de l’étang de Berre, c’est en définitive un perpétuel chasse-patate entre géographie et histoire, nature et civilisation, héritage et perspectives.

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En résumé, nos pneus crantés ont roulé sur des cailloux, du sable, de l’herbe, de la boue, des racines, du goudron, et d’autres supports pas vraiment identifiables. On a vu des avions décoller pour partir loin des Bouches du Rhône et des milliers d’oiseaux flottant au fil de l’eau qui regardaient impassible filer notre cortège cycliste. On a traversé une poudrerie, on a vu des yacks et des cyprès chauves, on a observé le balai aérien des kitesurfeurs, c’est dire si on ne s’est pas ennuyé l’œil. Côté pédale, on a sué dans les cotes radicales, on a freiné dans les pentes casse-gueule, on a enfilé des cordons routiers sous le vent qui émiette l’écume de l’étang et on a remonté le mistral incessant en groupettos solidaires.

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Il ne nous a pas menti. L’organisateur de la sortie, Kéké de Sausset, l’avait affirmé en préambule du départ: on boira un coup. Et il ne nous a pas menti Kéké de Sausset, rival potentiel du célébrissime Brice de Nice. Il a sorti la glacière bourrée de canettes, a disposé chips, fruits secs et cochonnailles sur la table pliante, et on a trinqué à notre bonne santé. Certains s’étaient déjà changés sitôt pied posé à terre, mais d’autres avaient les leurs encore humides de l’eau de l’étang de Berre.

Ndaref Fameux

N’oubliez pas l’article et la vidéo de Patrick Van Den Bossche sur le site Bike-Café !

Et si vous n’étiez pas avec nous, vous pouvez aussi lire ça :

La petite mer des oubliés: étang de Berre, paradoxe méditerranéen

Photographies de Franck Pourcel, texte de Jean-Louis Fabiani – Le Bec En L’air Éditions

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